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- Présentation |
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Geneviève Jacquinot |
Je suis chargée, si j'ai bien compris la signification du "dispositif", d'établir un lien entre la première et la seconde étape de notre journée, en introduisant un premier thème transversal, à savoir la relation dispositifs /usagers des dispositifs.
La formulation même de la question "Que font les dispositifs aux gens et que font les gens des dispositifs?", nous renvoient immanquablement à une inversion identique de la formulation qui nous avait fait passer de la question initiale dominante dans les 20 premières années de la recherche sur les mass médias à savoir "Quel est l'effet des médias sur le public?", à la reformulation progressive "Que font les publics des médias?": soit le passage de la problématique de l'influence et des "effets" des médias à la problématique de la "co-construction du sens", via les différentes théories de la réception et les divers modèles d'interaction technique, sociale et symbolique.....
Mais l'histoire se reproduisant, souvent à l'identique, quoi qu'on en dise, la nécessaire reformulation, même explicitée, n'entraîne pas automatiquement et surtout pas immédiatement, ni un changement des mentalités ni même un changement des hypothèses et problématiques de recherche : la fuite en avant technologique masque souvent encore et dans le développement des dispositifs et dans les recherches qui y sont liées, le lent et tortueux "bricolage" des usages.
Ainsi se trouvent réactualisées, des questions qui peuvent se décliner et se déclinent actuellement à plusieurs niveaux:
- au niveau de la relation "marchande" entre l'offre et la demande
- au niveau de la relation "épistémologique" entre objet et sujet
- au niveau de la relation "anthropologique" entre culture et technique
Ces relations ne peuvent être, on s'en doute, à tous les niveaux, que dialectiques.
Pour en rester à ce dernier niveau, on rappellera les différentes positions théoriques sur l'articulation entre médiation sociale et médiation technique. Se référant à Boullier (94) relativement aux usagers on rappellera qu'il y a non seulement différents types d'usagers, mais, à l'intérieur d'une même catégorie, différents "états" de l'usager" (Boullier, 94) qu'il est nécessaire de distinguer à des fins d'analyse, même s'ils sont , dans la pratique très impliqués. Quant aux dispositifs conçus comme "environnements aménagés", qu'ils soient ou non techniques, dans leurs rapports aux usages conçus comme autant d'"ajustements", on tentera de les spécifier par au moins trois traits caractéristiques ou définitoires, lisibles à travers les différentes contributions;
1- le dispositif comme lieu ou occasion d'une délégation,
2- Le dispositif comme espace d'interaction
3- Le dispositif comme acte stratégique
On terminera en rapprochant le recours à la notion de "dispositif" à la fin des années 90, à la référence obligée au "concept caoutchouc" de "représentation" auquel les sciences humaines et sociales avaient eu recours au début des années 80 : même consensus implicite, même flou conceptuel, même urgence des différentes disciplines à se référer à un concept-clef - et paradoxalement rarement défini - devant le constat d'échec des modèles explicatifs antérieurs: symptôme, en tout état de cause, de la nécessité d'un changement de paradigme.